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Docteur Jean-Daniel GRANGE

Professeur Emérite Honoraire- Université Claude Bernard Lyon 1

Membre d’Honneur de l’ANPACO (Association Nationale des Patients Atteints de Cancer Oculaire)

Médecin retraité --N° Inscription Ordre : 69/4705 -- N° RPPS : 10003028841

71 Route de Lyon – 69450 -- Saint Cyr au Mont d’Or

15 juin 2022

ANPACO – PIERREFORT –

Compte rendu des examens faits le 11 juin 2022, avec le rétinographe de marque EDC LAMY (AXSDRME 100- Rétinographe DRS plus) monté sur table MD1, et propriété de la commune de Pierrefort depuis le 5 juin 2021.


Au Cabinet d’infirmières 1 Rue du Salzet – 15230 PIERREFORT (15h à 18 h).

Présents : Mme Josette DELLIS, Présidente, Monsieur le Professeur Emérite Franck BACIN du CHU DE Clermont-Ferrand, Monsieur le Professeur Emérite Jean-Daniel GRANGE du CHU DE LYON, tous deux membres d’Honneur ainsi que du Conseil Scientifique de l’ANPACO, également Monsieur le docteur Patrice CHAUVET, médecin généraliste à Pierrefort, actuellement retraité, ainsi que Madame Solène DAUZONNE, infirmière du cabinet infirmier de Pierrefort.


Je, Soussigné certifie que 16 personnes ont pu bénéficier d’un examen par le rétinographe cité ci-dessus, sans collyre mydriatique instillé au préalable, au cours de l’après-midi.

Les chiffres d’âge des volontaires examinés étaient respectivement de :

71, 42, 73, 80, 60, 75, 79, 78, 74, 74, 77, 79, 86, 54, 62 et 50 ans.

En rouge sont figurés les âges des personnes ayant des lésions oculaires connues.

En bleu les âges de celles ayant un fond d’œil normal.


1. FOND D’ŒIL NORMAL

(en bleu leurs âges : 42, 80, 79, 62 et 50 ans).

Il est notable de constater que seulement 5/16 de ces personnes avaient un fond d’œil parfaitement normal.


2. LESIONS OCULAIRES CONNUES

(en rouge leurs âges : 73, 79, et 86 ans).

L’homme de 73 ans se savait porteur d’une DMLA sèche bilatérale.

La femme de 79 ans, pseudophake bilatérale (opérée de cataracte avec implant) et ayant eu un traitement pour cataracte secondaire par capsulotomie au Laser Yag), s’est révélée avoir un fond d’œil impossible à photographier du fait d’un orifice capsulaire postérieur probablement assez étroit.

Enfin, la femme de 86 ans avait eu une intervention chirurgicale oculaire à l’œil droit pour trou maculaire.


3. LESIONS DECOUVERTES

(en gris noir leurs âges)

Restent 16 – 8 = 8 personnes qui ont bénéficié grandement de l’examen rétinographique, du fait de la découverte de lésions du fond d’œil au préalable inconnues, et surtout asymptomatiques :


71 ans/DMLA sèche œil G ( pas de symptômes ressentis, d’évolution )

60 ans/Microhémorragies striées + exsudat cotonneux œil D et G témoignant d’une hypertension artérielle instable. Nécessité conseillée d’une consultation rapprochée avec le médecin -traitant.

75 ans/Membrane épirétinienne juxta maculaire œil D. Signes fonctionnels encore rares.

76 ans/Synkisis vitréen témoignant d’une surcharge en cholestérol vitréen œil D

74 ans/Nombreuses Drusen péripolaires postérieures, extra maculaires œil D

Risque ++ de DMLA pour l’avenir.

74 ans/Large cicatrice extra maculaire de toxoplasmose congénitale œil G. Proximité avec l’aire maculaire.

77 ans/Nombreuses Drusen péripolaires postérieures, extra maculaires œil D et œil G. Risque ++ de DMLA pour l’avenir.

54 ans/Artériosclérose constitutionnelle chez un hypertendu connu. Conseils de surveillance et hygiéno-diététiques.


En conclusion, je formule les mêmes remarques que celles formulées par la Présidente de l’ANPACO Madame Josette DELLIS :



- La qualité des images est excellente, très proche de la réalité des couleurs du fond d’œil.


- Il est possible, par les programmes du rétinographe EDC LAMY (AXSDRME 100- Rétinographe DRS plus) monté sur table MD1, de faire à la fois des clichés du pole postérieur de l’œil, incluant macula, origine du nerf optique (papille), et vaisseaux rétiniens principaux, temporaux et nasaux, mais aussi de la rétine extra centrale, dite péripolaire postérieure, mais seulement rétro équatoriale cependant.


- La découverte de lésions à caractère pathologique chez 50% des personnes examinées, au titre d’un examen à caractère systématique, en l’absence de tout contexte diabétique, excepté chez la femme de 50 ans, examinée en dernier et ayant d’ailleurs un fond d’œil normal, devrait induire l’ARS à faire se multiplier ce type d’examen, très simple, chez tout un chacun. Ceci sans obligation de le limiter aux personnes diabétiques.



- L’existence de déserts médicaux gravement étendus en France, la facilité de réaliser cet examen par toute infirmière, orthoptiste ou étudiant stagiaire en médecine, devrait faire étendre son autorisation légale et donc sa prise en charge par la Sécurité Sociale. Ainsi cette instrumentation, positionnée au cabinet d’infirmières de PIERREFORT depuis une année (samedi 5 juin 2021…) n’a malheureusement pas encore été utilisée pour des raisons purement administratives (absence de cotation en dehors du diabète).


- Il faut enfin ajouter l’absolue nécessité de dépister le mélanome irido-cilio-choroïdien oculaire, tumeur rare il est vrai (420 nouveaux cas en France par an), mais tumeur infiniment plus grave (20 à 50% de mortalité à 5 ans par métastases hépatiques) que le mélanome cutané (5 à 10 % de mortalité à 5 ans par métastases ganglionnaires), et dont le diagnostic est en général précoce.


Ainsi l’extension administrative de la photographie du fond d’œil, à des mains extra praticiennes ophtalmologistes, et non limitée au dépistage de la rétinopathie diabétique, apporterait un complément d’information majeur au corps médical, et un soin supplémentaire à la population, logiquement rendu possible aujourd’hui par l’avancée de la technologie. Son faible cout devrait être enfin un argument décisif.


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